Marks & Clerk France
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Marks & Clerk
 
 

 

Sylvain Bordier, âgé de 26 ans, est ingénieur Brevet diplômé du CEIPI, il a rejoint le cabinet Marks & Clerk France en juillet 2007.

Interview conduite par Laurent Jeannin et Julien Pichon (diplômés du CEIPI – juin 08) en mars 2009

Comment avez-vous connu cette profession ?

J'ai découvert la propriété industrielle relativement tôt, par l'intermédiaire d'un membre de ma famille qui est conseil en propriété industrielle. C'est tout simplement par des discussions lors de réunions de famille que j'ai été amené à entendre parler de propriété industrielle, et en particulier de brevets. Cette personne en parlait avec un enthousiasme toujours renouvelé, si bien qu'en classe de troisième, j'ai décidé de passer une semaine au sein de son cabinet de conseils en propriété industrielle. J'étais à l'époque trop jeune pour comprendre les mécanismes de la protection par brevet et même pour en appréhender tous les aspects;cependant, cette première approche m'a laissé une impression très positive et m'a sans doute conduit à entrer dans la profession. Après le bac, j'ai choisi une école d'ingénieurs généraliste orientée vers mes domaines de prédilection, à savoir l'électronique et l'informatique. A la fin du cycle ingénieur, je souhaitais me spécialiser, soit dans un domaine technique particulier, soit dans un domaine annexe aux métiers de l'ingénieur. Je voyais cette spécialisation comme une source d'enrichissement personnel et comme une aide dans la recherche à venir d'un emploi. Je me suis alors tourné vers les brevets. Dans cette optique, le Centre International de la Propriété Industrielle (CEIPI) situé à Strasbourg semblait dispenser la formation la plus appropriée et la plus reconnue par la profession. C'est ainsi que j'ai été amené à suivre le cycle long du CEIPI.

 

Pourquoi avoir suivi le cycle long plutôt que la formation accélérée du CEIPI?

La question s'est évidemment posée à moi. Comme je le disais, je cherchais à me spécialiser à la fin de mes études d'ingénieur. Pour suivre la formation accélérée, il est nécessaire d'avoir travaillé au minimum un an dans le domaine des brevets. Il m'aurait ainsi fallu trouver un emploi dans un cabinet de conseils en propriété industrielle ou dans le service brevets d'une entreprise. Mais pour cela j'avais un double handicap, mon manque d'expérience à la fois dans l'industrie et dans les brevets. D'autre part, la formation en cycle long correspondait plus à mes aspirations. Elle me permettait d'acquérir des connaissances de base tout au long des six à huit mois pendant lesquels se déroule le cycle long avant de me lancer dans la profession. Cette année se situait en plus dans la foulée de mes études. Enfin, en suivant le cycle long, j'étais libre de tout employeur et je me laissais la possibilité de travailler quelques années en industrie avant de me lancer dans les brevets. En réalité, ce dernier point est à nuancer puisqu'une fois le doigt dans l'engrenage de la propriété industrielle, on s'y laisse délibérément entraîner, à moins de ne pas apprécier l'aspect juridique de la profession.

Pourquoi avez-vous choisi Marks & Clerk France?

Je vois au moins deux raisons. La première est que ce cabinet traite essentiellement des brevets dans mes domaines de compétence et de prédilection. Il y avait donc une adéquation entre ma formation et les domaines techniques du cabinet. Ce point est sans doute essentiel dans la recherche d'un premier emploi, aussi bien du point de vue de l'employé que de l'employeur. La deuxième raison est liée au fait que j'ai effectué mon stage de fin d'études d'ingénieur dans une entité de Thales, client privilégié de Marks & Clerk France (MCF). J'ai particulièrement apprécié ce stage et la culture de travail au sein de cette entité. Mon responsable de stage m'avait même proposé de revenir travailler chez eux après ma formation à Strasbourg. Travailler dans les brevets pour Thales me permettait de mettre à profit mon expérience en entreprise. D'autre part, le cabinet MCF étant une ancienne entité de Thales, il a indéniablement gardé un lien étroit avec ses ingénieurs R&D. Bien souvent, les échanges avec les ingénieurs-inventeurs de Thales en sont facilités.

A qui conseilleriez-vous de se lancer dans la profession?

Ma courte expérience m'empêche d'avoir suffisamment de recul pour me donner une vue d'ensemble sur les différents aspects de la profession. Néanmoins, je pense que pour se lancer dans le métier des brevets, il faut avant tout aimer écrire et être curieux. Il faut écrire pour expliquer et pour argumenter, en ayant le sens du détail et en choisissant toujours le mot le plus juste. On est assez éloigné d'une écriture littéraire et plus proche de rédactions juridiques, où chaque mot est lourd de sens. D'un autre côté, un esprit curieux est nécessaire pour s'intéresser et creuser chaque nouvelle invention que l'on aborde afin de la décrire et la défendre au mieux. Une compréhension superficielle est difficilement compatible avec les brevets. Bien évidemment, la profession implique un volet juridique non négligeable. Ingénieur brevet est avant tout un métier technique, mais l'aspect juridique s'imbrique totalement dans l'aspect technique. C'est pour moi cette imbrication qui fait l'intérêt de la profession. Le domaine des brevets paraît être un domaine très spécialisé. C'est probablement un peu le cas, mais il est en même temps très vaste du fait non seulement de la diversité des inventions, mais également de l'application des différents textes de loi nationaux et internationaux relatifs aux brevets.